D'Artagnan, comme nous l'avons dit, était redevenu plus tranquille, comme il arrive toujours après un danger passé, et quand le danger semble évanoui ; il ne lui restait qu'une inquiétude, c'était de n'apprendre aucune nouvelle de ses amis.
Mais, un matin du commencement du mois de novembre tout lui fut expliqué par cette lettre, datée de Villeroi :

(...) Chapitre XLII
Le vin d'Anjou

Après des nouvelles presque désespérées du roi, le bruit de sa convalescence commençait à se répandre dans le camp ; et comme il avait grande hâte d'arriver en personne au siège, on disait qu'aussitôt qu'il pourrait remonter à cheval, il se remettrait en route.
Pendant ce temps, Monsieur, qui savait que, d'un jour à l'autre, il allait être remplacé dans son commandement, soit par le duc d'Angoulême, soit par Bassompierre ou par Schomberg, qui se disputaient le commandement, faisait peu de chose, perdait ses journées en tâtonnements, et n'osait risquer quelque grande entreprise pour chasser les Anglais de l'île de Ré, où ils assiégeaient toujours la citadelle Saint-Martin et le fort de La Prée, tandis que, de leur côté, les Français assiégeaient La Rochelle.
 

 



« Monsieur d'Artagnan,
« MM. Athos, Porthos et Aramis, après avoir fait une bonne partie chez moi, et s'être égayés beaucoup, ont mené si grand bruit, que le prévôt du château, homme très rigide, les a consignés pour quelques jours ; mais j'accomplis les ordres qu'ils m'ont donnés, de vous envoyer douze bouteilles de mon vin d'Anjou, dont ils ont fait grand cas : ils veulent que vous buviez à leur santé avec leur vin favori.
(...)
 

Extrait de l'oeuvre "Les trois Mousquetaires"
 

 

 

Naissance du Fort                                                                                                                                                                                                        En 1625, Toiras fait établir, près du petit port qui servait aux communications avec l'Aunis, un fort destiné à contrôler ce point hautement stratégique. Pour son édification, on employa des matériaux provenant des bâtiments ruinés de l'abbaye des Chateliers toute proche. Régulièrement modifié au cours du XVIIe siècle, il sera un peu délaissé au siècle suivant. Ce n'est qu'en 1793 que le fort est remis en état. Sa situation, à moins de 5 km du continent, permet d'interdire le passage du pertuis Breton en croisant ses feux avec ceux des batteries de Saint-Marc près de la Repentie et de l'anse du Plomb. Par ailleurs, compris entre Sablanceaux, lieu de débarquement idéal, et Saint-Martin, c'est un appui logistique important.

 

 

 

 

Ils y furent bientôt suivis de sept cents autres. De nouvelles troupes, et en nombre plus considérable, étaient en même temps réunies dans les différents ports de la côte, attendant avec enthousiasme le moment du départ.

Quelques jours après, le roi arriva au camp devant La Rochelle. Buckingham découragé eût levé le siège s'il n'eût pas attendu un corps de six mille hommes qui lui était promis depuis longtemps, et si les Rochelois ne l'eussent conjuré de ne pas les abandonner ; mais il y fut bientôt forcé par les armes de Richelieu. Le 23 octobre, huit cents hommes débarquèrent au fort la Prée, avec la mission de pousser les retranchements de ce fort jusqu'à la mer, afin de favoriser le débarquement du reste des troupes.

 

Le même jour, les Anglais firent une tentative pour incendier la flotte française au moyen de brûlots ; mais, grâce aux précautions prises par le capitaine Manpas et Toiras, ils furent repoussés avec perte ; après une longue canonnade, ils parvinrent seulement à briser une vingtaine de barques dont les débris servirent à construire des cabanes pour les soldats. Une attaque faite le 9 octobre contre les retranchements du fort n'eut pas un meilleur succès ; « et les assiégeants connurent alors que ceux de la citadelle avaient des poudres et boulets, car ceux qui s'avancèrent reçurent d'autres prunes que de Brignolles. » Le renfort entré aussi heureusement dans l'île se montait à deux cent cinquante soldats, cinquante matelots, seize canonniers, et plus de soixante gentilshommes qualifiés.

Attaque des Anglais. Assaut. Buckingham chassé de l'île de Ré

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Fort et la littérature